Blog'n'roll agité

Mon blog t'emmerde, mais tu peux lire quand même.

30 mars 2008

De la mauvaise habitude d'attirer la merde.

Cassette_tape_by_StupidNick

Parmi mes (nombreux) dons naturels, il y en a quelques uns qui sont absolument fascinants, du fait de leur inutilité. Par exemple, j'ai un don particulier pour rater tout ce qui se cuit à la casserole, même les pâtes, et même la purée en sachet qui, allez savoir pourquoi, ressort systématiquement verte. Don qui fait de moi, vous pouvez le concevoir, la risée de mon entourage, à tel point que même chez moi, ce sont mes amis qui préfèrent faire la cuisine. Mais je suis également touchée par un autre don inutilement amusant, mais beaucoup plus important, et qui régit ma vie nocturne de façon assez dictatoriale : ma manie  systématique d'attirer la merde en soirée. C'en est devenu presque une passion, tellement d'est fréquent. En d'autres termes, je suis docteur ès loose, spécialisée dans le département Fin de Soirées de Merde [NDLR : loose : adjectif anglicisé et djeun's pour désigner quelque chose de nul, de raté, de pas bath du tout]. Vous vous dites surement que je suis une sacrée veinarde, que vous n'avez jamais connu de vraie soirée pourrie, et que ça vous plairait de pouvoir, au moins une fois, briller dans les dîners mondains en racontant vous aussi le jour (ou la nuit) où vous avez ENFIN connu le malheur du looser nocturne. Et bien, réjouissez-vous, car il se trouve que c'est justement votre jour de chance : en effet aujourd'hui, Rockincamille.com vous offre toutes les clés pour réussir enfin votre soirée ratée ! [NDLR : ces astuces sont tirées du "Manuel du parfait fêtard paumé, ou comment réussir sa soirée loose en 5 phases"]. C'est bien simple : suivez le guide (et croyez-moi, il s'y connais).

En néophytes que vous êtes, je me vois dans l'obligation de préciser certaines choses : tout d'abord, sachez qu'un soirée loose se découpe en cinq phases principales, dont certaines sont plus importantes que d'autre, et que nous allons détailler à la suite :

La phase initiale consiste à choisir un évènement de divertissement (au choix : concert/spectacle/soirée crèpes/bar rock'n'roll/bar branché), un groupe avec qui partager ce moment de divertissement (amis/famille/collègues, conjoint si possible mais dans ce cas la soirée sort du contexte "soirée de merde" pour venir se placer dans la catégorie "week-end d'engueulade") et d'une date (un 22 novembre par exemple). Une fois les conditions initiales réunies, il va falloir s'occuper de la partie "ça-s'annonce-mal" de la soirée. Si l'inspiration vient à manquer, on peut, par exemple, piocher dans les idées suivantes : -présence d'individus peu engageants, -mal de crâne persistant, -lieu passible de descente de police inopinée, -voire même concert ou événement inexistant, imaginé par un pote de pote qui connait le cousin du chanteur des bérus et qui lui a assuré qu'ils faisaient un concert sauvage dans un champ près de Melun. Je tiens à préciser qu'il y a d'autres détails qui, plus subrepticement, contribuent à rassembler les conditions idéales pour une vraie soirée loose. Mon devoir est alors de vous mettre en garde : ces détails, de prime abord, semblent au contraire vouloir présenter la soirée sous une bonne aura. Ne vous y fiez pas ! On démontrera plus tard que, vicieusement, ils ne font qu'augmenter le potentiel de loose. Exemples : -alcool à prix attractif, -groupe d'amis au grand complet, -bonne humeur débordante, -promesse d'un concert sauvage des bérus près de Melun.

La seconde phase consiste simplement en le déroulement normal et enthousiaste du début de soirée, et s'accompagne des symptômes suivants : -bonne humeur, -socializing poussé à son paroxysme, -sentiment de bien-être, etc... Cette phase dure plus ou moins longtemps, et sa durée n'a aucune incidence sur l'intensité de la loose qui va suivre.

La troisième phase est LA phase-clé d'une bonne soirée ratée. Celle où tout commence, et s'enchaine. Autrement dit, le moment où tout bascule : -arrivée d'individu(s) importun(s), -concert annulé, -mauvaise nouvelle pesante , -plainte des voisins , -débarquement inopiné de la marée-chaussée. Cette phase s'accompagne d'une montée de frustration, de sentiment d'injustice et d'un retour de la fatigue accumulée tout au long de la semaine. C'est le moment où la bonne humeur tombe, où par dépit on va se jeter sur l'alcool à prix attractif dans le but de "rattraper la soirée", où on va tenter de penser à autre chose, ruminant dans sa barbe des insanités à l'encontre de ce qui vient de se passer. Normalement, la phase de loose pourrait s'arrêter là, et la soirée continuer tranquillement, voire s'arranger. Mais c'est sans compter sur la phase numéro 4.

La quatrième phase n'est qu'un enchaînement de péripéties : c'est le moment que va choisir la copine dépressive pour faire une crise de larmes (quand il ne s'agit pas de soi-même), le pote qui a un peu trop bu pour régurgiter ostensiblement son kébab de minuit (quand il ne s'agit pas de soi-même), le couple d'amis pour se disputer (quand il ne s'agit pas de soi-même), le pote de pote pour perdre son portable (quand il ne s'agit pas de soi-même), la copine imbibée pour aller agresser les skins qui zonaient tranquillement non loin de là (quand il ne s'agit pas de soi-même), ou la voiture pour tomber en panne. Cette phase peut s'accompagner à tout moment d'une arrivée inopinée de la marée-chaussée. Il conviendra au bon looser qui se respecte de faire durer cette phase le plus longtemps possible, jusqu'à la rupture évidente de ladite soirée, se traduisant par le split du groupe dans diverses directions, le jetage hors du bar par un vigile quelque peu bougon, l'intervention inopinée de la marée-chaussée (vous noterez l'importance de cette dernière dans notre processus). Une règle d'or : TOUJOURS attendre le dernier moment, quand c'est VRAIMENT la loose, pour partir. Le parfait looser garde à l'esprit que "tant que ça se passe bien, je reste, je ne commence à songer à partir que quand ça va devenir impossible". Lorsque l'urgence absolue du départ commence à se faire ressentir, on peut alors passer à la phase numéro 5.

La cinquième phase est la plus difficile à supporter, mais la plus essentielle. Il s'agit du retour (ou de la tentative de retour) dans un lieu plus hospitalier : chez soi. Plusieurs options s'offrent alors à vous : si le lieu de la soirée est dans un rayon de moins de cent mètres de votre lieu d'habitation, débrouillez-vous pour vous perdre, ou pour tomber -sous l'effet de l'alcool ou de toute autre substance ingérée à outrance durant la phase 3 ou 4 de la soirée- en grande conversation avec un lampadaire ou un parcmètre. Si votre lieu d'habitation n'est pas accessible à pied depuis le lieu de la soirée, et que vous ne disposez pas d'un moyen de retour motorisé, plusieurs choix sont possibles : le taxi est économique en temps, mais pas en argent. Et d'autre part l'argent a souvent été dilapidé en alcool lors des phases 3 et 4. Reste alors l'option "premier métro", offrant la possibilité de dormir sur les marches d'une station jusqu'à ouverture des grilles, ce qui augmente considérablement le potentiel de loose de votre soirée. Puis reste l'option "bus de nuit", qui est très intéressante par le temps qu'elle fait perdre : cherhcer l'arret de bus, passer une demie-heure a essayer de comprendre le plan, monter dans le mauvais bus, en redescendre trois arrêts plus tard, trouver le bon bus, se tromper de sens, redescendre du bus, le prendre dans l'autre sens,  se disputer avec un passager passablement de mauvaise humeur, s'asseoir à côté d'un individu bavant et  ronflant, s'endormir, se faire réveiller au bout de la ligne par le conducteur enragé, descendre du bus, aller à l'arrêt qui va dans l'autre sens, attendre une heure, se faire voler son portable, monter dans le bus, arriver chez soi à 11h du matin. Ces possibilités sont à tester une à une, elles sont toutes intéressantes dans leur genre, ensuite les préférences varient selon les personnes. Note : cette cinquième phase peut même consister à elle seule tout le processus de ratage de soirée. Si bien que l'on peut passer de la phase 1 à la phase 5, sans passer par les autres, et obtenir tout de même une soirée de merde inoubliable.

Attention ! Il existe plusieurs types et degrés de soirée ratées. Une soirée peut devenir une soirée loose seulement dans les dernières minutes, et puis se rattraper après. Exemple : un très bon concert en banlieue, un retour en voiture très sympathique, rien à signaler; jusqu'à la saisie par la marré-chaussée du conducteur (et de son véhicule), soit-disant alcoolisé (le conducteur, pas le véhicule, bande de moules. Ah, quoique, quand on y pense, avec les litres de bière reversés à l'arrière...). Se genre de situation pourtant indiqué pour faire une bonne soirée à raconter à ses petits-enfants, peut finalement s'arranger : il suffit d'un taxi qui arrive à temps, d'un conducteur de taxi sympathique, d'un ami généreux ouvrant la porte de son appartement, d'un bon matelas au chaud et d'un film intéressant pour rattraper la soirée. Dans ce cas, la soirée est quand même classifiée dans les soirées de merde (l'ami conducteur ayant passé la nuit en cellule, le taxi ayant vidé ton porte-monnaie), mais dans la catégorie "on l'a échappé belle".

Et enfin, dernière mise en garde : vous aurez beau essayer d'éradiquer tous les signes et phénomènes avant-coureurs, comme ne pas boire d'alcool, éviter les soirées où des individus importuns sont susceptibles de vous atteindre, prévoir de rentrer tôt, et être de très bonne humeur, la loose vous rattrape toujours. D'une part parce que, comme dirait l'autre, c'est pas si facile de se contenter d'une bière, d'autre part parce que les individus importuns possèdent une volonté propre et peuvent vous retrouver même si vous essayez de les éviter, et enfin parce que, quoi qu'il arrive, quand on a la poisse, on a la poisse.

Je n'ai rien à rajouter, vous voilà prévenu, vous êtes maintenant parfaitement prêts à affronter votre première soirée ratée, et éventuellement, à obtenir votre diplôme de docteur en loosophilie (pour ce faire, envoyez-moi par mail le récit d'une ou deux soirées pourries, et je vous renverrai en retour le diplôme signé et tamponné qui fera de vous la reine/le roi des fin de soirées merdiques.).

Elle est pas belle la vie ?

Camille, "j'aurai mieux fait de rester devant Ardisson".

P.S : Pour plus d'informations sur les soirées loose, et plus précisément sur la phase de retour difficile, contactez notre cher ami Suprim, spécialiste lui-aussi émérite.
P.P.S : Pour ce qui est du compte-rendu du concert des Flyin' Tartiflettes que j'ai magnifiquement mis en valeur par ma présence scénique méga charismatique, j'y travaille. Vous aurez peut-être même droit à des vidéos si vous êtes gentils.

EDIT >> C'est un grand jour ! j'ai enfin eu la joie de trouver, dans les mots-clés, mes premiers mots-clés notables/bizarres/pervers (rayez les mentions inutiles) : "blonde pulpeuse autour d'une piscine" (tu ne crois pas si bien dire...) "ta gueule je fais du rock'n'roll ma mère" (rien à rajouter, la classe, juste.)

 

Posté par SimK à 14:03 - Commentaires [16] - Permalien [#]

Commentaires

un conducruer "soi-disant" alcoolisé?

ton texte a dû me faire penser à une autre soirée et un autre conducteur... ...sinon, tu peut retirer le soi-disant

Posté par tranber, 30 mars 2008 à 17:47

Bah, y'a aussi le syndrome du paranoïaque: il est persuadé que la soirée est ratée alors que tout le monde lui dit que c'était super. Mais ça, c'est plus dans le cas de l'hôte.

Posté par Cornichon, 30 mars 2008 à 17:54

le tout c'est de choisir des potes pro en loosage

et là on a généralement le choix décliné sur différentes sous catégories

Posté par tranber, 30 mars 2008 à 18:01

@Cornichon : ca fait aussi partie d'une soirée loose. La déprime de l'hôte. Mais grand bien t'en fasse, ça rend les autres soirées bien plus agréables, par contraste.

@Tranber : pas de caftage, évidemment que le "soit-disant" était de trop mais pour des raisons d'éthique, il m'a semblé bon que tout le monde ne sache pas que je monte dans des voitures où je risque ma vie à chaque fois; et évidemment que c'est bien CETTE soirée à laquelle tu penses dont il est question. Et des potes pros en loosage, oui, j'en ai une tripotée. C'est contagieux, je crois.

Posté par Camille, 30 mars 2008 à 18:43

"D'une part parce que, comme dirait l'autre, c'est pas si facile de se contenter d'une bière"

toi aussi t'as la (b)looze du punk rocker?
:o))

Posté par blabfab, 30 mars 2008 à 21:30

Notons que :

- La soirée loose peut intervenir à tout moment de la journée. Lorsque l'événement inexistant était censé avoir lieu à 14 heures, par exemple. Le sentiment de lassitude en s'avachissant dans un hall d'immeuble quelques temps après, après avoir songé à rattraper la journée en pensant voir un film qui n'était finalement pas sorti, ce sentiment-là est équivalent à un retour difficile à quatre heures du matin. Peu importe les douze heures de décalage.

- La soirée loose peut se pratiquer seul et à domicile. Une grève des trains vous cloue à la maison, les potes vous demandent par textos pourquoi vous n'êtes pas venus, tout le monde s'amuse, c'est trop cool, pourquoi t'es pas là? Et hop, la bonne loose home-made. DIY.

- La soirée peut-être intégralement bien, before excellent, concert excellent, after excellent, possibilité de dormir sur place... Et là, comme un con, vous décidez de rentrer quand même. Vous ne vous souvenez plus pourquoi vous avez décidé de rentrer si loin, si looooiiin, d'ailleurs vous n'avez pas retrouvé le chemin. Déjà du salon a la porte, on vous informera quelque jour plus tard que ce fut laborieux et que vous chûtes deux fois (du verbe choir, comme une merde). L'instant de votre réveil neuronal intervient lorsqu'une bordure de trottoir agresse votre cheville dans une rue inconnue d'une ville où le sol semble rétif à l'horizontalité.

Je pourrais continuer des heures, donner des cours, écrire une thèse, mais je tente depuis quelques temps une reconversion dans la soirée réussie.

Posté par rupmis, 30 mars 2008 à 22:15

@ Blabfab : YEAH !!!! Bravo ! T'es le premier (et le seul, je crois) à avoir reconnu les talentueux DIEGO PALLAVAS (bande d'ignares). T'es tellement le seul que je me demande même si t'en fait pas partie... Même, pour la peine, je te fais un bisou virtuel.

@ Muspri : Oui,j'ai hésité à mentionner cette après-midi. Mais tu le fait pour moi, c'est parfait. D'ailleurs, ça fait pas de mal : Luminou enculé. Comprenne qui pourra.

Posté par Camille, 30 mars 2008 à 22:25

"je me demande même si t'en fait pas partie..."

Non je n'ai pas cet honneur (et ils n'ont pas cette horreur :o))

Désolé.

Des Diego le seul honneur que j'ai eu, c'est de recevoir une chaussette de batbat en pleine gueule un soir de fête de la bière.. c'est moins classe qu'une bise et je n'ai pas hésité à me laver depuis ;-)

Posté par blabfab, 30 mars 2008 à 23:29

Blabfab a la classe

Une chaussette, c'est vraiment classe. Beaucoup plus classe que partager des bières avec eux. Comment êtes-vous arrivé sur ce blog, d'ailleurs, cher monsieur ?

Posté par Camille, 30 mars 2008 à 23:45

"Une chaussette, c'est vraiment classe."

Mouais... et encore j'ai évité le pire, il était bien chaud pour faire péter le calbut le père batbat ce soir-là...

"Beaucoup plus classe que partager des bières avec eux."
heum.. là c'est vraiment une question de point de vue :o))
... mais bon, l'un n'empêche pas l'autre (encore heureux)

"Comment êtes-vous arrivé sur ce blog, d'ailleurs, cher monsieur ?"

Le "cher monsieur" il pourrait bien te botter les fesses au prochain concert concert des tartiflettes, petite impertinente !

(bon okay ya environ une chance sur un million que je mette les pieds dans un concert des tartiflettes.. sauf s'il ya brigitte bop ou guarapita sur l'affiche, auquel cas, là rien n'est impossible).

Quant à savoir comment j'ai atterri ici.. je sais plus trop, ya ton flux dans mon netvibes (c'est pas sessuel) depuis quelques temps.. je suppose que c'est en passant par le blog d'Eve...

Posté par blabfab, 31 mars 2008 à 09:07

t'es une bonne candidate pour : viedemerde.fr

Posté par Nahimage, 31 mars 2008 à 11:17

@blabfab : figure-toi que ça eut arrivé, une affiche brigitte bop/Flyin' tartiflettes. Et même Diego Pallavas/Flyin' tartiflettes si tu veux tout savoir !!! Alors rien n'est perdu...

@Nahimage : Ah merde. ca existe vraiment. et moi qui ai tapé "viedemerde.fr" dans la barre google pour rigoler... Ca m'apprendra à pas prendre aux sérieux les aînés.

Posté par Camille, 01 avril 2008 à 00:39

"figure-toi que ça eut arrivé, une affiche brigitte bop/Flyin' tartiflettes."

J'ai du assister à ça oui.. à la mjc de bures, avec les (garage) lopettes entre les deux. Mon premier contact avec les lopez d'ailleurs, et grand moment de portnawak (comme toujours quand il ya les duettistes bop/lopez). Mais c'était en l'an 0 ou 01, t'étais pas née à cette époque...

Posté par blabfab, 01 avril 2008 à 01:21

C'est pas cool treize commentaires alors j'en mets un quatorzième, juste comme ça, pour éviter le pire.

Posté par D. D., 02 avril 2008 à 19:15

@ blabfab : moui. on a forcément dû se croiser. Et même si ca se trouve, je suis en train de me taper la méga honte parceque tu me connais. Par contre, en effet, j'étais pas encore née ne serais-ce que l'année dernière.

@ D.D : merci, ca chasse le mauvais sort. Même si je suis pas superstitieuse. Être superstitieuse, ça porte malheur.

Posté par Camille, 02 avril 2008 à 20:47

de toute façon si la soiré est raté c'est que t'as pas assez picolé ma cocote parce que sinon tu t'en rappellerais meme pas ma chérie!

Posté par BalooX, 03 avril 2008 à 02:46

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